Teo Libardo
Entrelacs, n° 285 - Acrylique et pastel à l'huile sur toile, 125 x 125, 1994.
© ADAGP-2006.
Ainsi je passerai
Ainsi je passerai à l'aube de ta vie
Il ne tiendra qu'à nous de la traverser toute
Avec ton sang tout neuf et puis mes quelques doutes
Soufflés par le désir, infinie compagnie
Avec ton sang tout neuf et puis mes quelques doutes
Soufflés par le désir, infinie compagnie
Je t'envoie du bonheur par express, par la Poste
Tu iras le chercher cet étrange colis
Demande ton chemin à ce qu'on nomme vie
Et fais bien attention car s'il y a des portes
Qui ouvrent sur les routes où l'enfance nous lie
C'est toi seule qui choisis
Tu verras la mention écrite en rouge : fragile
Il faudra que tu sois attentive au bonheur
Et patiente et aimante et fidèle à ton cœur
Ce lieu où les humains portent en eux leur île
Robinsons somptueux qui n'attendent que l'heure
Où tout ne soit qu'ailleurs
Mais ici maintenant c'est ce qu'il te faut vivre
C'est à toi qu'il incombe d'effectuer le tri
De faire en sorte d'être en tout affranchie
De garder de l'enfant les visions qui enivrent
Et d'être à la hauteur du hasard qui surgit
Ainsi tu maintiendras le cap sur la vie
Tu garderas peut-être de cet envoi le timbre
Il est écrit dessus de n'avoir point de peur
Son dessin le faisceau lumineux des couleurs
C'est un portrait de toi que n'aurait pu faire Ingres
Regarde-bien : en tout petit on peut lire bonheur
Félicité et joie sans vie ne sont que leurres
Je suis là, au café, sur cette terrasse
Et des larmes de joie me terrassent
Je suis là, au soleil, sur cette place
Et je pleure et je ris, l'amour me terrasse
Je suis là, au café, sur cette terrasse
Et des larmes de joie me terrassent
Mon bel amour des profondeurs
Mon âme se glisse entre tes cuisses
Quand je t'écris en do mineur
Je te déchiffre en Dominique
Ce pays de mon doux supplice
Géographie fantastique
J'ai vu l'aube se lever sur nos cœurs en papillote
Un oiseau s'est envolé dans le ciel qui sanglote
Mon amoureuse, mon étudiante de la vie belle légère et lente
De la joie comme une boussole nous indiquant la vie aimante
Mon amoureuse, mon étudiante de la vie belle légère et lente
De la joie comme une boussole nous indiquant la vie aimante
Ainsi je passerai à l'aube de ta vie
Il ne tiendra qu'à nous de la traverser toute
Avec ton sang tout neuf et puis mes quelques doutes
Soufflés par le désir, infinie compagnie
Avec ton sang tout neuf et puis mes quelques doutes
Soufflés par le désir, infinie compagnie
Ainsi je passerai à l'aube de ta vie
Il ne tiendra qu'à nous de la traverser toute.
Conscience
Dans la maison le parquet geint
Il se souvient du vent du Nord
Qu’est-ce que la vie quand je dors ?
Semble te demander ma main
Que tu retires de mon front
Qu’est-ce que la vie, un trésor ?
Et la vie c’est d’être conscient
Merveilleusement conscient.
Conscient de l’horreur que porte en soi
Chaque homme, chaque être sur cette planète
Conscient qu’il faut faire place nette
Conscient du bonheur qu’on porte en soi.
Dans le jardin les bleues lavandes
S’apprêtent à offrir leur parfum
Qu’est-ce que la vie quand la faim
Te pousse à ce que tu la vendes ?
Est-ce le début ou la fin
Qu’est-ce que la vie et la mort ?
La vie est ce que tu lui donnes
Et la mort ce qu’elle te prend
La vie est le chant qu’on entonne
Une musique que l’on entend
Mon bel été, mon bel automne
La vie c’est peut-être le vent
Et la vie c’est d’être conscient,
Merveilleusement conscient
Disait Henry Miller
Je m'interroge
S’il nous faut rendre l’âme
A qui faut-il la rendre ?
Qui donc nous l’a prêtée
Et pourquoi pas donnée ?
Je m’interroge, je m’interroge
Je m’interroge, je m’interroge
Le temps c’est de l’argent ?
Oui c’est l’argent des pauvres
De temps je suis bien riche
Le reste je m’en fiche
Je m’interroge, je m’interroge
Je m’interroge, je m’interroge
On nous dit que la femme
C’est l’avenir de l’homme
Mais la femme à venir
Qu’a-t-elle comme avenir ?
Je m’interroge, je m’interroge
Je m’interroge, je m’interroge
Il paraît que la guerre
Nous apporte la paix
Mais est-ce cela vraiment
Que l’histoire nous apprend ?
Je m’interroge, je m’interroge
Je m’interroge, je m’interroge
Je suis né quelque part
Et je mourrai ailleurs
Deux départs dans une vie
Un seul eût-il suffit ?
Je m’interroge, je m’interroge
Je m’interroge, je m’interroge